Mot de la direction artistique

40 ans d’Escaouette

Qui aurait dit, il y a quarante ans, que le projet d’un groupe d’étudiants fraîchement diplômés du Département d’art dramatique de l’Université de Moncton donnerait lieu à une institution que l’on identifie désormais au théâtre acadien dont la création et l’originalité sont reconnues partout au pays? Jean-Claude Marcus, qui dirigeait alors le Département, était convaincu qu’il fallait donner suite à notre formation et il nous a orientés vers le théâtre jeunesse, ce qui sera alors notre principal public jusqu’à ce qu’en 1993, nous décidions de faire le saut vers ce qu’il est convenu d’appeler le théâtre grand public. Et depuis, les défis se sont accumulés, mais les récompenses également. Au nombre de celles-ci, il y a l’acquisition et la gestion d’un lieu, d’un théâtre devenu l’une des adresses culturelles les plus en vue de Moncton. Mais ce qui demeure la grande particularité du théâtre l’Escaouette, ce à quoi nous avons été fidèles depuis les tout débuts, c’est toujours cette passion pour la nouveauté, pour l’originalité, pour la création de textes pertinents qui ont alimenté depuis quarante ans la jeune dramaturgie acadienne. Cette année, nous poursuivons ce travail innovateur avec la neuvième édition du Festival à haute voix, véritable tremplin et célébration de la dramaturgie avec des textes et des auteurs dont on entendra sûrement parler.

Pour célébrer cette quarantième saison, nous avons cru bon de reprendre quelques-uns de nos succès actuels et passés. Les trois exils de Christian E., de même que Le long voyage de Pierre-Guy B. vont ainsi côtoyer Le Christ est apparu au Gun Club, première coproduction avec Le Pays de la Sagouine. Nous complèterons cette saison historique avec un joyeux mélange de spectacles, au nombre desquels on retrouve des textes qui ont fait leurs preuves tels que Tribus ou Rêves américains : de la ruée vers l’or à la grande crise et d’autres qui verront le jour. C’est le cas de Far Away de Caryl Churchill, notre coproduction avec le Théâtre Blanc de Québec ou des accueils : les Beignes de Matthieu Girard, Nounours- La magie de Noël de Caroline Bélisle, Golem- un voyage au coeur de la nuit de Marc-André Charron et Mary, au-delà de l’asile de Normand P. Robichaud.

Je me joins à la codirectrice Élise Desveaux Graves pour remercier de tout cœur l’équipe dévouée qui nous accompagne et le fidèle conseil d’administration qui nous appuie. J’en profite aussi pour louanger le travail de tous ceux, artistes et gestionnaires, qui au cours de ces quarante ans de création et d’engagement ont fait de l’Escaouette un lieu et une institution incontournables de la culture acadienne.

Marcia Babineau,  direction artistique et codirection générale

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