Bienvenue au festival

Marcia Babineau
Directrice artistique du théâtre l’Escaouette

Le Festival à haute voix est né d’une volonté et d’un besoin. Volonté pour ce qui est de créer un évènement qui mettrait en vitrine de nouveaux textes, s’intégrant ainsi dans le mandat du théâtre Escaouette dont la mission a toujours été de promouvoir la dramaturgie d’ici qui, par un effet de proximité, s’est souvent concentré sur les auteurices acadien.n.e.s. Volonté mais aussi besoin de célébrer la vitalité de notre théâtre en créant un évènement composé de rencontres, de discussions, de lectures, et de tables rondes au sujet de l’écriture qui, quoiqu’on en dise demeure toujours la version le départ d’une aventure dont la scène et le public constituent les points d’aboutissement.

Au cours de ses dix éditions, le Festival a établi des relations qui ont permis de donner une envergure à l’écriture des auteurices grâce à l’appui d’organisme tels que le Centre National des arts, le Centre des auteurs dramatiques ou par la présence de passionnés de l’écriture dramatique. À ce sujet je m’en voudrais de ne pas mentionner la contribution de Louis-Dominique Lavigne, de Paul Lefebvre, d’Alain Jean ou de David Lonergan dont les  commentaires judicieux et pertinents ont aidé à la discussion et aux débats qui accompagnent ce festival. La liste de celles et ceux qui ont assuré les mises en lecture de même que de ceux et celles qui ont prêté leurs voix et leur talent à incarner tous ces personnages qui ont défilé sur la scène serait trop longue pour en faire un compte-rendu adéquat mais votre inestimable contribution a permis de donner à cet évènement, le prestige et l’envergure dont il jouit présentement. Je tiens aussi à souligner le travail de ceux et celles qui ont travaillé dans l’ombre mais dont la contribution a été essentielle. C’est le cas cette année de Tommy Desrosiers qui a été le coordonnateur de cette édition anniversaire.  Enfin un évènement de cette envergure ne saurait voir le jour sans l’appui des bailleurs de fonds principalement le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes, la province du Nouveau Brunswick de par son programme de promotion littéraire, le Conseil des arts du Canada et Patrimoine Canadien.

Quatre ans nous séparent de la dernière édition, déplacée une première fois en raison de “Winslow” qui avait alors monopolisé notre espace et notre énergie. L’évènement qui devait se tenir l’an dernier a dû être annulé en raison de la pandémie qui perturbe encore cette édition que nous faisons malgré tout dans des conditions qui mettent le théâtre à dur épreuve. En effet, le public est un élément indispensable à notre forme d’art mais, si nous ne pouvons compter, sur la présence — élément essentiel pour que le théâtre ait lieu — nous sommes quand même avantagés par un relais numérique qui permet à un public encore plus large de suivre cet évènement dont le texte et la voix constituent les deux éléments primordiaux.

Cette dixième édition met en perspective des textes dont l’écriture fait appel à un renouveau des thèmes et des préoccupations. Sans vouloir prêcher pour ma paroisse je remarque que sept des neuf auteurices sont des femmes, ce qui ajoute à la variété des propos et à la diversité d’une parole dont les diverses facettes ne manqueront pas de nous surprendre et/ou de nous interpeler. C’est sans doute à ce niveau que le Festival aura le plus marqué l’apport qu’il fait depuis 2001 dans la dramaturgie acadienne. En effet plusieurs des textes qui y ont pris place, ce sont retrouvés plus tard sur la scène. Nous ne doutons pas que ce sera aussi le cas de cette édition qui donne à penser que le futur nous réserve de belles surprises. C’est à suivre et nous comptons sur vous pour en être les témoins quand nous serons sortis de cette pandémie qui nous prive des joies de vivre en société et qui nous rappelle que le théâtre est un art avant tout rassembleur et plus que jamais nécessaire.

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